Les grands tremblements de terre du 17e du siècle au Québec
Aujourd’hui, je vais vous parler des tremblements de terre au Québec au 17e siècle. Vous le savez peut-être, le Québec n’est pas à l’abri des secousses sismiques, même si elles sont généralement peu fréquentes et peu intenses. Mais saviez-vous qu’au 17e siècle, le Québec a connu le séisme le plus ancien et le plus puissant documenté dans son histoire? C’était le 5 février 1663, et il a secoué la région de Charlevoix avec une magnitude estimée à 7,0 M w . Ce séisme a été ressenti jusqu’à Montréal et a causé des dommages aux bâtiments et aux routes. Il a également provoqué des glissements de terrain et des changements dans le niveau des lacs et des rivières. Ce tremblement de terre a été précédé et suivi de phénomènes lumineux dans le ciel, qui ont été interprétés comme des signes divins ou des présages.
Ce séisme a été le premier à être rapporté par les témoins de l’époque, qui ont laissé des récits très imagés et impressionnants. Par exemple, le père Lalemant, un jésuite, a écrit dans la Relation des Jésuites de 1663: « Le ciel et la terre nous ont parlé bien des fois depuis un an : c’était un langage aimable et inconnu, qui nous jetait en même temps dans la crainte et l’admiration. Le ciel a commencé par de beaux phénomènes. Dès l’automne dernier, nous avons vu des serpents embrasés, qui s’élançaient les uns dans les autres en forme de caducées, et volaient par le milieu des airs, portés sur des ailes de feu. Nous avons vu sur Québec un grand globe de flammes, qui faisait un assez beau jour pendant la nuit, si les étincelles, qu’il dardait de toutes parts, n’eussent mêlé de frayeur le plaisir qu’on prenait à le voir. Ce même météore parut sur Montréal, mais il semblait sortir du sein de la lune, avec un bruit qui égalait celui des canons ou des tonnerres et, s’étant promené en l’air, fut se perdre enfin derrière la montagne dont cette île porte le nom. »
Voici une paraphrase possible du texte en gardant les références :
Mais aucun séisme n’a été aussi violent que celui du 5 février 1663, selon l’histoire du Québec. Vers le soir, un bruit de tonnerre a précédé la première secousse. Les maisons bougeaient comme les arbres sous le vent. Il y avait un bruit de feu qui crépitait dans les greniers.
D’après les témoignages des Jésuites et de Mère Marie de l’Incarnation, les secousses ont duré une demi-heure, dont quinze minutes très fortes. « La terre tantôt se balançait comme un navire qui donne le mal de mer, tantôt bondissait ou secouait inégalement. »
À Trois-Rivières, « les poteaux de la palissade et des clôtures semblaient danser. La terre se soulevait d’un grand pied à vue d’œil, ondulant et roulant comme des flots agités. » Les maisons de Trois-Rivières étaient en bois. Donc, les dommages se sont limités à quelques cheminées tombées.
Il y a eu plus de dommages un peu plus haut sur le Saint-Maurice. Près de l’endroit appelé aujourd’hui Saint-Étienne-des-Grès, les falaises de 200 pieds de hauteur de chaque côté de la rivière sont tombées dans la rivière. Une chute de plus de 100 pieds aurait aussi complètement disparu.
Les falaises se sont écroulées sur plus de 8 km. « Ces deux montagnes, avec toutes leurs forêts, ayant été jetées dans la rivière, y firent une forte digue. » À cause de ce nouveau barrage, la rivière a dû changer de cours. L’eau s’est donc étalée sur les deux rives avant de se faire un nouveau lit.
Cette eau s’est mélangée à la terre dans la nouvelle plaine. Ce terrain est devenu un grand marécage de boue. Trois mois après le séisme, l’eau du fleuve Saint-Laurent était encore toute trouble à cause de cette boue venant du Saint- Maurice.
Selon Mère Marie de l’Incarnation, les ravages auraient été encore plus importants le long de la rivière Baptiscan. Plusieurs petites chutes sont disparues, une colline s’est effondrée, un peu partout la terre s’est crevassée et il s’est formé de profonds fossés. Plusieurs cabanes de résidants se sont effondrées dans ce village où vivait une cinquantaine de personnes.

À Baptiscan, Amérindiens et Français « étaient dans la terreur la plus entière. » Les Amérindiens tiraient des coups de fusils pour chasser le manitou. Toute la nuit, les gens ont senti des bouffées de chaleur qui sortaient du sol. « On entendait des bruits qui ressemblaient à des coups de canon ou à des coups de tonnerre. »
Mais c’est dans l’imagination des gens que les effets ont été les plus grands. À cette époque, le commerce de l’eau-de- vie avec les Amérindiens posait les pires problèmes. Chez beaucoup de colons, l’ivresse était une habitude. Et les prêtres ne cessaient de prédire que le ciel enverrait les pires malheurs pour punir une population si négligente de ses devoirs.
Lors du séisme, les gens ont cru que les bruits terrifiants.
Les habitants de la Nouvelle-France ont réagi de différentes manières face à ce cataclysme. Certains ont cru à la colère de Dieu et se sont jetés à toutes sortes de dévotions pour conjurer le péril menaçant. D’autres ont gardé plus de calme et ont essayé de comprendre les causes naturelles du phénomène. L’abbé Jean-Baptiste Thévenot, un savant français, a été le premier à étudier scientifiquement le séisme de 1663. Il a recueilli des témoignages et des observations sur les effets du séisme, et a proposé une explication basée sur la théorie des feux souterrains.
Le séisme de 1663 n’a pas été le seul à avoir touché le Québec au 17e siècle. D’autres secousses moins importantes ont été enregistrées, notamment le 16 septembre 1732 à Montréal, avec une magnitude de 5,8 M w . Ces séismes témoignent de l’activité sismique du territoire québécois, qui compte trois zones de risque sismique: Charlevoix-Kamouraska, Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord et Ouest du Québec. Ces zones sont situées à la limite de la plaque nord-américaine, qui subit des contraintes tectoniques dues à la collision avec d’autres plaques continentales ou océaniques.
Les séismes au Québec sont donc des phénomènes naturels qui ont marqué l’histoire de cette province canadienne. Ils nous rappellent que nous vivons sur une planète en mouvement, et que nous devons être prêts à faire face aux aléas naturels. Si vous voulez en savoir plus sur les séismes au Québec, vous pouvez consulter les sources suivantes:
Référence :
AUDET, Mario et Réjean HOULD, Les Grandes Catastrophes en Mauricie, Cahiers historiques, no 4, Trois-Rivières, 1982.
- Liste de séismes au Québec — Wikipédia, qui présente une chronologie des séismes qui ont touché la province de Québec.
- Séismes historiques au Canada, qui fournit des informations sur les séismes importants qui ont eu lieu au Canada.
- Liste de séismes au Canada — Wikipédia, qui donne un aperçu des séismes qui se sont produits au Canada.
J’espère que cet article vous a plu et vous a appris des choses intéressantes sur les tremblements de terre au Québec au 17e siècle. N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et vos questions. À bientôt!

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